Festival Cinéma et Handicap 2015 : de sacrées belles idées !

Festival Cinéma et Handicap 2015 : de sacrées belles idées !

Résumé : Retour sur la 7e édition du Festival national du court métrage Cinéma et Handicap. Franc succès pour les six lauréats récompensés le 28 mai 2015. Quand le handicap mène la bobine par l'humour et les sentiments...
 
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Le handicap inspire les cinéastes, même lorsqu'ils doivent faire «court». C'est ce qu'ont prouvé les lauréats du 7e Festival national du court métrage Cinéma et Handicap. La cérémonie de Remise des Prix a tenu en haleine la grande salle de réception de l'Hôtel de ville de Lyon le 28 mai 2015. Un décor et des idées en or pour des réalisateurs qui ont fait naître de la différence de belles émotions. L'humour est lui aussi au rendez-vous, pour en finir avec des archétypes éculés sur le handicap. Une jolie moisson 2015 puisque 130 œuvres étaient en compétition. Tous ont des choses à dire sur l'état du monde, de notre monde et la manière dont il s'ouvre un peu, beaucoup, passionnément, voire pas du tout, aux personnes en situation de handicap. C'est ce regard des institutions, des politiques, parfois des acteurs eux-mêmes, que le festival veut changer.

Des hommages à l'international

Le jury, présidé par Alain Maneval, animateur de radio et de télévision et producteur, épaulé par un jury composé de personnalités du cinéma et du handicap notamment, a dû en passer par des discussions passionnées pour plébisciter 5 lauréats. Nouveauté 2015, le prix « Regard d'élèves » a été décerné, avec le soutien de l'Inspection académique du Rhône, par 500 élèves du département. Le public a également été mis à contribution puisqu'il a voté pour son propre prix à l'occasion d'une soirée dédiée. Dans cette riche sélection,  sont abordés, parfois crûment, la sexualité et le désir, la mort des parents, la parentalité, le droit au travail. Les films primés, qu'ils soient l'œuvre de professionnels ou non, témoignent d'un vrai changement de perspective. Leur succès se traduit de plus en plus souvent par des diffusions dans des festivals, parfois à une échelle internationale. Preuve, une fois encore, que les plus courtes sont les meilleures !

Grand Prix
De bonnes sensations
France, 2014, 21mn09
Réalisateur : Benoit Rambourg
Producteur : Les 3 Lignes, Florence Keller & Kevin Orr
Pratiquant le tir à l'arc, Daniel, qui vit en fauteuil roulant, se prépare en vue d'une sélection pour les Jeux paralympiques. Le jour fatidique se rapproche et le dessinateur de BD se voit attribuer une nouvelle masseuse. Sceptique dans un premier temps, il vit pourtant sa première érection depuis son accident. Face à cette lueur d'espoir, il part à la recherche de nouvelles sensations, quitte à délaisser son entraînement.

Prix du Public et du Témoignage-Documentaire
Une si trop belle personne
France, 2014, 19mn52
Réalisateur et producteur : Pauline Normier
Marine a 36 ans, 2 neveux de 5 ans, Marius et Titouan, 1 grande sœur qui la filme, 1 coiffeur à domicile, 1 transat pour assister au Tour de France, 2 fauteuils roulants pour les grandes randonnées et 2 ou 3 petites choses à expliquer à ses neveux… Elle a aussi 1 petit problème avec le chromosome 15. 1 minuscule problème aux grandes conséquences. Le chromosome 15, c'est celui qui l'empêche de parler, marcher, grandir comme les autres...

Prix de la Fiction
Avis aux intéressés
France, 2013, 26mn50
Réalisateur : Cédric Romain
Producteur : Mezzanine Films, Mathieu Bompoint
Julien, 40 ans, est porteur d'un autisme sévère. Son père Daniel, veuf, s'occupe de lui seul. Un jour, le retraité s'effondre sur le bitume sans que Julien ne puisse lui venir en aide. A l'hôpital, Daniel apprend qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. Se pose alors la question de l'avenir de son fils. Plus aucune famille, des amis qui ne veulent pas assumer… Daniel se résigne à mettre une annonce : « J'offre ma maison à qui voudra bien veiller sur lui ». Les solutions manquent. A tel point qu'il est tenté par commettre l'irréparable…

Prix de l'Essai
Le cri du papillon
France, 2014, 5mn23
Réalisateur : Paul Rambaud
Producteur : École nationale supérieure d'art de Dijon.
Le cri du papillon est le portrait d'un homme qui, à la suite d'un accident cérébral, est devenu partiellement aphasique. Des mots apparaissent et disparaissent, marquant la différence entre ce qui est écrit et entendu. A travers le visage, le regard, les mains de cet homme, Paul Rambaud cherche à faire comprendre au spectateur comment, à défaut de mots et sans eux, la communication et la force d'expression existent et s'installent entre nous.

Prix de la Communication
Les yeux d'un enfant
France, 2014, 1mn57
Commanditaire : Association Noémi
Réalisateur : Thomas Rhazi
Producteur : Les Télécréateurs
Des parents et leurs enfants se sont prêtés à un jeu : reproduire des grimaces projetées sur un écran. Jusqu'à ce qu'ils découvrent une personne atteinte de polyhandicap en train de grimacer. 100% des enfants, sans se poser la moindre question, poursuivent le jeu mais ce n'est pas le cas des parents. C'est bien la question du regard que pose cette expérience.

Prix Regard d'élèves
Ne parlez pas d'amour
France, 2014, 22mn56
Réalisateur : Hadrien Bichet
Producteur : Barney Production, Saïd Hamich
Samir et Léa sont collégiens à Vaulx-en-Velin, près de Lyon. L'un est sportif, impulsif et peu concerné par sa réussite scolaire ; l'autre est en fauteuil roulant, discrète et première de la classe. Tout semble les opposer, et pourtant... Jusqu'au jour où l'ascenseur tombe en panne. Samir passe par là, bien décidé à profiter de ce prétexte pour l'aborder. Réalisé à l'initiative des élèves du collège Henri-Barbusse de Vaulx-en-Velin, Ne parlez pas d'amour est une petite fable qui raconte la difficulté du rapprochement à l'adolescence et face à la différence.

"Tous droits de reproduction et de représentation réservés. ©Cinéma et Handicap. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste".

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